Départ de Paris. Il fait déjà nuit lorsque nous décollons de Roissy. On part léger : un sac à dos chacun et le plus gros sur soi : polaires, gants, bonnets, manteaux... Epluchage de rigueur dans l'avion !

Arrivée vers minuit en Suomi, Finlande
en finnois. L'aéroport d'Helsinki est une coquille de lumières plantée dans la nuit noire. En façade, quelques taxis attendent d'un côté, le dernier bus de ville patiente de l'autre. On y monte en réajustant l'écharpe.

En Finlande, Noël est largement férié, du 24 au 26. La plupart des auberges de jeunesse sont fermées. On arrive sans réservation. Le bus nous dépose au terminus, près de la gare.

C'est une bâtisse massive des années 30 dont les doubles portes sont gardés par des cerbères en ciment.

La place de la gare marque le centre de la ville. Elle est cloisonnées par des immeubles sombres surmontés de publicités en néon, unique animation dans ce désert nocturne. Le froid n'est guère propice à la balade mais l'ivresse de l'arrivée nous galvanise.

Helsinki est à cheval sur la terre et l'eau. Les perspectives de la ville laissent deviner la mer de tous côtés. Les docks et les phares jettent parfois une lueur par une enfilade de rue. Nous longeons les quais des bassins. Le froid fouette le sang et découpe dans l'obscurité des

points vifs de lumière sans halo. Helsinki prise au bout de la nuit a les dehors féériques d'un plateau de cinéma entre deux prises. Nous en sommes les seuls figurants. Pas de passants, pas d'ombres derrière les fenêtres, pas de musique échappée par la porte d'un café, à peine une voiture qui de loin en loin passe au pas.

On arrive à l'unique auberge ouverte ce soir là, un long hangar fait de briques, face au bassin sud-est.
Les chambres sont basiques mais chaudes, et ça c'est l'essentiel. Au 7e, le sauna, symbole national.