Djamila

Pages précédentes  
Carnet de route de Chine (8)   ( / le 20/01/2004)

Imprimer l'info  

LANZHOU - PEKIN - SHANGHAI- YANGSHUO-KUNMING-HONGKONG.

C’est avec plaisir que je reviens à LANZHOU. J’avais décidé d’appeler dés le lendemain Christine, la jeune fille rencontrée dans le train. Peut-être pourrait-elle m’aider à rencontrer d’autres personnes.

Le lendemain , nous avons convenu d’un rendez-vous dans le restaurant de sa sœur où elle travaille . Elle voulait absolument m’inviter à dîner. Le réceptionniste de l’hôtel a gentiment retranscris l’adresse pour le chauffeur de taxi et je suis arrivée sans encombre. Le restaurant venait d’être ouvert depuis peu de temps car des bouquets de fausses fleurs trônaient devant l’entrée, signe d’une ouverture récente.
Je fus reçue en grande ponte et elle me servit un festin. Ce fut très sympathique mais je me suis rendue compte que son anglais était très limité et nous n’avons pas pu réellement converser.

Le lendemain, j’ai décidé de quitter Lanzhou plus tôt que prévu et d’aller à Pékin. J’ai passé une dernière journée avec mon amie chinoise à visiter la ville. La neige s’est mise à tomber et je fus heureuse de quitter cette ville.

Direction Pékin en train, à peu près 30h de voyage. Il fait toujours aussi froid mais c’est tout à fait normal pour un mois de décembre. Le vent est glacial mais c’est le temps que je préfère, sans neige.
Je suis logée à l’auberge de jeunesse, à 15 minutes en bus de la cité interdite. Je me rends à l’office de tourisme pour m’enquérir des tarifs concernant les interprètes. Il faut compter à peu près 300frs la journée, c’est au-dessus de mon budget.

Je décide d’aller au centre culturel français ou Alliance Française dans l’espoir de rencontrer des chinoises francophones.
Je fais la connaissance d’une jeune étudiante chinoise de 18 ans qui parle très très bien français. On discute un peu mais ce n’est pas ce que je recherche. Elle est beaucoup trop jeune et a peu de chose à dire.

De retour à mon hôtel , je décide d’aller me renseigner à l’agence de voyage de l’hôtel. Le responsable s’avère être très sympathique. Je lui parle de mon projet de documentaire et il me propose de me présenter sa femme qui parle anglais et qui travaille dans une agence de pub. Je pourrais ainsi rencontrer ses collègues de travail et les interviewer si elles le désirent.
Aussitôt dit, aussitôt fait, 2 jours après j’ai rendez-vous dans sa boîte après 18h. Il reste encore pas mal d’employés qui travaillent devant leur ordinateur. Je rencontre également la directrice , qui elle vient de Hongkong. Les chinois sont extrêmement travailleurs, 12h par jour c’est une bonne moyenne en Chine, de même à Taiwan et au Japon.

A la fin de la soirée , j’ai fait 3 interviews assez intéressantes et en anglais. Je suis très contente . Je peux continuer le voyage, après une semaine à Pékin, je reprends le train pour Shanghai, 15h de voyage dans un nouveau train, 4 couchettes au lieu de 6. Je voyage le compartiment avec un homme d’affaire et 2 étudiantes en droit . Elles parlent assez bien anglais et c’est agréable. Elles jouent les traductrices pour l’homme d’affaire qui ne comprend que peu d’anglais. Les chinois sont très curieux et toujours désireux de communiquer.

Arrivée à Shanghai, je vais directement à l’hôtel Puyang, mythique hôtel des années 30.Il a été transformé en hôtel bon marché, mais pas si bon marché par rapport au reste de la Chine.
Le froid est encore plus glacial ici à cause de la mer. Je préfère quitter la ville et aller plus au sud à Yangshuo dans la province du SHANXI, près de Guilin célèbre pour ses paysages. Après 2 jours passés à Shanghai, je repars en train vers Guilin, 26h de voyage.

Arrivée à Guilin il faut prendre un mini bus pour Yangshuo ( 1h de route ) le temps est magnifique, sec et froid mais ensoleillé. Guilin est la ville des tours opérateurs alors que Yangshuo est le rendez-vous des routards et depuis peu des chinois. Mais c’est la période de Noël et il y a peu de touristes. Je fais la connaissance d’une jeune femme chinoise de Shanghai venue passer une semaine à Yangshuo et dans les environs. C’est Jane, que j’aurai l’occasion de recroiser 1 mois plus tard. Elle parle très bien anglais et travaille pour une compagnie allemande de génie civil. Nous voulons partager une chambre d’hôtel mais son budget est très faible. Finalement son hôtel sera à 5 minutes du mien, occupé par des seuls chinois. Je retourne donc dans l’hôtel que je connais, tenu par une jeune femme, c’est l’hôtel de Lisa. C’est une jeune femme très intéressante avec un parcours atypique. Elle me promet un entretien mais tout au long de mon séjour, elle n’aura de cesse de le reporter pour finalement l’annuler.

J’entreprends de visiter les villages alentours avec l’aide d’un guide, une jeune fille, Daisy, originaire d’un de ces villages. Ce fut un de mes plus beaux souvenirs, nous avons parcouru les villages à vélo, c’était plutôt du cross qu’une promenade de santé mais j’ai rencontré des femmes très très sympathiques, souriantes. On avait en plus un public, les hommes du village et les enfants et c’était très convivial. On a beaucoup rigolé car elles trouvaient mes questions bizarres et drôles.
Ce n’était pas la période de la récolte alors les gens étaient plutôt disponibles et ils étaient fascinés par ma caméra, je regrette seulement de ne pas avoir eu un Polaroïd pour leur laisser un souvenir.

J’ai donc passé Noël à Yangshuo en compagnie de Daisy et de Jane. Puis nous nous sommes échangées notre email avec Jane, et nos adresses avec Daisy.

J’avais décidé de repartir à Dali pour passer le nouvel an, avant de rentrer sur Hongkong. C’était un grand détour mais je ne voulais pas passer le nouvel an à Yangshuo, et ni à Hongkong. J’avais déjà fait l’expérience des 2 et cela ne m’avait pas plut du tout : trop bruyant.
Et cette fois-ci j’avais décidé de prendre l’avion, 1h de vol au lieu des 25 voire plus heures de train.
Je suis donc arrivée à Kunming ou j’ai passé une nuit puis re bus pour Dali.
J’ai eu la joie de retrouver des personnes rencontrées au début de mon voyage à Dali même : un français et un chinois. Ce fut un Nouvel an assez tranquille et peu bruyant . Ce qui est assez normal puisqu’il ne correspond pas du tout au Nouvel an chinois.
C’est le moment de se quitter et de quitter Dali pour rentrer sur Kunming et sur HongKong.

A Kunming , j’accompagne des amis à une réunion avec des chinois désireux de pratiquer leur anglais.

A minuit , je prends le train direction Canton, 2 jours de voyage puis 2h de bus pour HK. C ‘est pratique car la gare est en face de la gare routière.
2h d’attente à la douane, il y a un monde fou, je n’avais jamais vu cela, nous sommes le 11 janvier 2002.
Après la douane, direction le train pour HongKong.

Je croyais que j’en avais fini avec la Chine, du moins pour cette année mais les circonstances de la vie ont fait que j’y suis retournée un mois après, du Japon par ferry d’Osaka jusqu'à Shanghai. Mais cette histoire sera pour une autre fois.

Au retour de ce voyage qui a duré 6 mois et qui m’a également mené au Japon, à Taiwan , au Laos et en Thaïlande, j’ai décidé d’essayer de me former à la réalisation de documentaire.
Je suis contente de pouvoir dire que j’ai réussi à réaliser mon rêve et que je viens de terminer cette formation et mon 1er film documentaire de 20 minutes, qui n’a rien à voir avec la Chine puisque c’est un film que je devais réaliser dans le cadre de cette formation à Paris.

Néanmoins, je prépare un autre long voyage pour l’hiver prochain qui me conduira de la Chine, en Mongolie puis en Asie Centrale et retour en France en suivant la route de la soie.
Je sais, ce n’est pas très original mais c’est un rêve d’enfant.
Voilà , le voyage est fini pour le moment et j’espère que ce carnet de route ne vous a pas retiré l’envie d’aller en Chine.

FIN

 
début [ Posté par : djamila | 0 commentaire] Page 8
Carnet de route de Chine (7)   ( URUMQI-KASHGAR-LANZHOU / Chine le 13/07/2003)

Imprimer l'info  

A Urumqi, il faisait dans les - 20 degrés, j’avais déjà eu le plaisir de voyager dans cette même ville sous des températures similaires. Il m’a fallu du temps pour trouver un taxi car personne ne voulait m’emmener dans l’hôtel que je connaissais. En fait il était en travaux et donc inaccessible.
Il m’a fallu attendre quelqu’un qui parle 2 mots d’anglais pour me l’expliquer puis nous nous sommes rendus dans le 2ième hôtel de mon choix.
J’avais du mal à reconnaitre la ville, cela faisait déjà 4 ans, on voyait des chantiers un peu partout et les routes étaient verglacées.
Arrivée à l’hôtel qui m’a semblé désert, j’ai du négocier un tarif pour ma chambre double grand luxe car pour aller dans les dortoirs, il fallait ressortir et traverser toute une place et avec ce froid et ce verglas, je n’avais aucune intention de me geler dehors. Je décidais de suite de partir le lendemain pour Kashgar.

Je suis donc ressortie pour prendre le bus qui allait à la gare pour m’acheter mon billet. Urumqi m’avait laissé un souvenir qui était encore en ma mémoire: Avant à Urumqi, il y avait 2h de différence par rapport à Pékin et donc au reste de la Chine malheureusement les billets vendus à la gare, portaient l’heure de Pékin alors évidemment arriva ce qui devait arriver, j’ai raté mon train et quand j’ai exigé le remboursement , on a refusé et cela m’a pris plus de 2h de cris et de colere pour récupérer mes sous et racheter un autre billet. J’ai du passer 2 jours de plus dans cette ville.
Cette année, il n’y a plus de différence d’horaire, nous vivons tous à l’heure de Pékin.
Le bus arrive enfin, il est déjà bondé mais je me trouve une place assise, en fait le terminus c’est la gare, c’est donc très pratique. On me tapote l’épaule et je vois 2 jeunes filles qui me demandent dans un anglais très incertain ma nationalité et mon prénom. On se sourit mais la communication est très difficile. L’une d’elle me tend son numéro de téléphone et me dit de l’appeller pour qu’on se voit. Elles me quittent avant la gare. Je ne suis pas sûre de vouloir l’appeller car l’urghur est leur langue et je ne la connais pas du tout.
J’achète mon billet sans problème pour kasghar pour le lendemain. Je reprends le bus et descend dans le centre ville pour faire mes courses pour mon dîner. Je n’ai vu aucun restaurant près de mon hôtel et avec ce froid, je ne veux pas me risquer à marcher trop longtemps.
Je voulais rentrer à pied à l’hotel mais les trottoirs sont tellement glissant que je prends un taxi, c’est plus facile.
Le lendemain matin, je pars à la gare toujours en taxi. La ligne URUMQI-KASHGAR est récente, elle a été inaugurée en 1999 , il faut compter 24h ou plus de train. Les trains sont à 2 étages et nous sommes 4 par cabine et non plus 6.
Mes compagnons de route sont tous des hommes, presque tous des non chinois :
urghur, kazak, mongol ou ouzbek. C’est déjà un autre monde, c’est le début de l’Asie centrale, de la fameuse route mythique, la route de la soie.
Les premières heures, je reste seule à écouter mon walkman puis je fais des mots fléchés et finalement 2 jeunes hommes qui jouent aux cartes près de moi , m’adressent la parole en anglais.
Leur anglais est plutot bon, ils ont la trentaine ou un peu moins.
On commence à discuter de moi d’abord, puis d’eux. L’un est marié avec 2 enfants et l’autre toujours célibataire, j’apprends qu’ils ont rarement droit au choix de leur femme, c’est toujours un mariage arrangé, ils sont musulmans évidemment mais c’est encore très différent du magreb dont je suis origine. Ils ne me croient pas quand je leur dis que je suis aussi musulmane.
Ils me parlent des difficultés de vivre dans cette province, ils aimeraient tous deux partir à l’étranger mais ils n’ont pas de passeport et ne peuvent voyager qu’en Chine mais ils ne parlent pas chinois alors leur espace est très limité. Un passeport coûte très très cher surtout pour eux, non chinois et considérés comme des immigrés alors que c’est aussi leur pays. Forcément il y a la haine du chinois et du gouvernement. Urumqi est devenu très chinois comparé à Kasghar. Mais les chinois réservent le même sort à cette ville avec un projet de développement immobilier. Ils ont aussi la possibilité d’aller au Kazasthan pour étudier mais ca ne les intéresse pas. Ils rêvent de l’Europe, surtout de l’Allemagne où il est plus facile d’aller.
Nous avons encore une fois échangé nos émails, et le voyage a continué. Il est midi quand nous arrivons à destination.

C’est sur cette ligne que j’ai mangé les meilleurs yaourts fait maison.
Tout le monde m’a dit qu’il ne neigeait jamais à Kashgar et évidemment c’est mon jour de chance car il neige mais il fait beaucoup moins froid. C’est supportable.

La gare est toute neuve et toute petite, ce n’est déjà plus la Chine. Je prends un taxi pour me rendre à mon hôtel, le trajet est assez long. On passe devant la statue de Mao et là je me rends compte que les chinois sont aussi très présents, on arrive dans le centre ville qui est très chinois, rien ne le distingue d’une autre ville chinoise si ce n’est la double écriture sur tous les lieux, écriture arabe et chinoise.
Le taxi s’arrête et le chauffeur me montre au loin mon hôtel car la route est barrée et je dois finir à pied. Toute l’avenue principale est en travaux , de même que mon hôtel. Après avoir visitée plusieurs chambres, je m’installe dans une chambre double assez luxueuse. J’ai négocié le prix car j’avais l’intention de rester une semaine mais comme d’habitude mes plans vont changer. L’hôtel semble vide.
Je redescends à la réception pour parler à la réceptionniste qui m’avait accueilli et qui parlait un peu anglais. Je lui ai expliqué mon projet mais je ne suis pas sure qu’elle ait compris. Je rencontre le personnel qui est compose à 80% de femmes, non chinoises. Elles me regardent toutes sans comprendre un mot de ce que je dis.

Je décide d’aller faire un tour en ville. A cause des travaux et de la neige, j’ai l’impression d’être dans une ville bombardée, les maisons sont à moitiée détruites, les enfants jouent dans les décombres, en fait ils vont détruirent pour reconstruire selon l’esprit chinois c’est-à-dire carrelage blanc de salle de bain, une horreur architecturale. Comme il est déjà tard, je rebrousse chemin et reporte à demain mon excursion de la vieille ville.
Le lendemain, tout est blanc, la neige est tombée toute la nuit. Je maudis mes compagnons de voyage, il fait plutôt bon et je me mets en route.
La ville n’est pas très étendue et j’arrive très vite dans la vieille ville, c’est le marché et malgré la neige, il y a du monde mais ce n’est pas la bousculade. Je rêve de m’acheter les chapeaux noirs typiques de cette région, en laine de mouton. C’est un marché particulier, le marché aux chapeaux. Il y en de toutes les tailles, tous noirs avec la couleur de la laine qui diffère. Ce sont des chapeaux pour les hommes mais ca m’est égal, j’en achète pour moi aussi.
A part les chapeaux, c’est un marché sans grande originalité mais il parait qu’en été c’est très différent. Il faudra donc que je revienne à un autre moment de l’année où les températures seront plus clémentes. Je suis un peu décue, j’avais tellement rêvé de Kasghar en lisant le guide mais l’hiver n’est pas vraiment la bonne saison pour visiter cette région.
Après réflexion, je me suis décidée à rentrer à Lanzhou sans passer la nuit à Urumqi car il y fait trop froid.
En réalité, j’ai du attendre 6h entre mes 2 trains. Je me suis installée dans une sorte de Kentucky Fried Chicken et j’y est passée 5h à lire et à écrire en buvant du thé.
Sur le trajet Urumqi-Lanzhou, j’ai fait la connaissance d’une jeune fille qui vit à Lanzhou et elle m’a donné son numéro de téléphone, me demandant de l’appeller. Elle parle un peu anglais.
Je suis heureuse d’arriver à Lanzhou où il fait plus doux et où je me sens à l’aise.

 
début [ Posté par : djamila | 0 commentaire] Page 7
Carnet de route de Chine (6)   ( KANGDING- CHENGDU - LANZHOU / Chine le 30/05/2003)

Imprimer l'info  

En arrivant à Kangding, je me suis dit que je pouvais bien continuer jusqu’à Chengdu.Je comptais me reposer de ces voyages en bus pendant au moins 1 semaine et comme je connaissais bien Chengdu, j’avais hâte d’y être. Donc une fois arrivée à la gare routière, je me précipite pour acheter un billet de bus pour Chengdu mais malheureusement il me faut attendre plusieurs heures avant de pouvoir repartir ce qui veut dire une arrivée tardive à Chengdu et un voyage en bus couchette, le summum de l’horreur pour moi. J e me suis souvent poser la question de savoir ce qui me fait courir sans réellement profiter du moment présent mais je pense que les conditions n’étaient pas idéales pour moi et j’espère pouvoir revenir dans cette partie de la Chine pour mieux la découvrir.

Le trajet va durer 7h sur une route à moitiée asphaltée et sous la pluie.
Mon compagnon de voyage est un petit vieux qui fume et crache ses boyaux après chaque taffe. Finalement à 1h00 du matin nous arrivons à la gare routière, une des gares de Chengdu. Je suis la seule à descendre, tous les autres ainsi que le chauffeur vont finir leur nuit dans le bus. C’est une drôle d’habitude mais qui permet d’économiser une nuit d’hôtel.

Mais je n’ai pas un budget si limité et je dois encore une fois réveiller le gardien de la gare pour qu’il m’ouvre le portail principal où quelques taxis attendent.
J’en prends un pour me rendre à mon hôtel sans savoir que l’hôtel est juste derrière mais je suis si fatiguée que ce n’est pas important.

C’est au Traffic Hotel que j’ai rencontré Weny une réceptionniste trés sympathique qui me servira de traductrice quelques jours après. Je n’y ai dormi que quelques heures car je voulais retourner dans l’hôtel que je connaissais de mon voyage précédent et qui se trouve à l’intérieur de l’école de médecine chinoise traditionnelle.
Finalement après plusieurs minutes de marchandage, je prends mes aises dans une chambre triple mais occupée uniquement par moi pour le moment.
Chengdu est la capitale de la province du Sichuan, c’est une grande ville mais en même temps, le vert y est trés présent. Il y a énormement de salon de thé à l’ancienne dans des cadres enchanteurs. Près de l’école de médecine, il y a un grand parc qui est le rendez-vous des chinois le weekend,on y trouve un des plus vieux temples taoistes de Chengdu.

Le lendemain de mon arrivée, je commence mes recherches pour trouver une interprète qui pourrait m’accompagner pour mes entretiens. Je me dirige vers l’hôpital, j’avais envie de voir l’intérieur et après l’avoir vu, je me dit que je n’ai pas intérêt à tomber malade. C’est un vrai moulin. Cela ressemble plus à une usine qu’à un hôpital.

Je commence par les agences de voyage mais là encore, le niveau d’anglais est trés faible, puis je vais dans les grands hôtels où il y a toujours une agence de voyage qui y est rattachée.
Cette fois-ci le tarif est trop cher pour moi.
Je décide de retourner au Traffic Hotel où j’ai dormi la 1ère nuit dans l’espoir de rencontrer la réceptionniste qui m’avait accueilli, Weny.
Bingo, elle est là et nous commencons à discuter et j’en profite pour l’interviewer. Elle accepte volontiers de me servir d’interprète et nous nous donnons RDV pour dans 2 jours, durant son jour de repos.

2 jours plus tard, me voilà donc devant la statue de Mao à attendre Weny qui finalement arrive en compagnie de son petit copain, un japonais rencontré à l’hôtel.
J’avais envie d’aller dans une boutique de photo de mariage pour en interviewer le directeur. J’avais fait des repérages la veille.
Nous avons donc laissé son petit ami et nous sommes partis dans cette boutique en direction de mon hôtel.
Elle m’a presenté comme étant journaliste pour une télévision francaise, il voulait voir ma carte mais bien évidemment je n’en avais pas alors je lui ai écrit mon adresse personnelle. Il voulait s’assurer que ca ne passerait pas sur la TV chinoise, ce que je lui ai assuré.
On est allé dans une petite salle de conférence et tout s’est trés bien passé. Il a repondu à toutes mes questions.

Mon moral était au beau fixe. Nous avons continué en essayant de parler à des femmes qui travaillaient à l’extérieur, gardeuse de bicyclette ou vendeuse de mandarines.
On a été obligé de faire cela dehors car ces femmes ne voulaient pas aller ailleurs, nous n’avons eu aucun problème mis à part l’attroupement provoqué par la 2ième interview, les gens s’arrêtaient et commentaient les questions, c’était marrant à voir mais je ne pouvais avoir 36 voix qui parlaient en même temps. On a du leur demander de se taire, finalement tout s’est trés bien passé dans les rires et les sourires.
Par contre au moment de ranger mon micro, j’ai croisé le regard d’un policier alors je me suis dépêchée de le cacher mais c’était trop tard et ils se sont dirigés vers nous en nous demandant si on avait des autorisations pour filmer. Weny a dit que oui et ils nous ont laissé partir sans demander à les voir, mais j’étais en colère contre elle, car je ne voulais pas qu’elle ait des problèmes et cela aurait pu dégénéré surtout pour elle.
On a continué encore 1h mais il commençait à faire nuit, il était 18h00 et weny m’a proposé de rencontré une amie à elle qui parlait très bien anglais. J’ai accepté et nous avons fixé le RDV dans un Mac Donald. Weny a retouvé son ami japonais et moi j’ai fait la connaissance de Carol. Nous avons parlé pendant plus d’1h et je les ai quitté pour rentrer à mon hôtel après les avoir invite à diner.

Avant nous avons échangé nos adresses email pour garder le contact. De nos jours, la plupart des chinois citadins ont une adresse électronique, L’internet est bon marché, les tarifs varient selon les villes 3frs de l’heure à 14frs à Shanghai.
C’est bientôt la fin de mon séjour à Chengdu et je me rends à la gare ferroviaire pour acheter mon billet de train pour ma prochaine destination LANZHOU qui se trouve à peu près à 30h de train.
J’ai fait la bêtise de partir sans vérifier que j’avais de l’argent sur moi et arrivée à la gare, je me suis apercue que je n’avais pas assez pour la couchette du milieu et j’ai du prendre la plus haute. Mais le pire c’est que je n’avais plus d’argent pour rentrer à mon hôtel et j’ai du marcher plus de 3h pour retrouver le centre ville et une banque où je me suis précipitée pour changer mes quelques dollars. J’étais épuisée, je suis repartie à la banque de Chine pour tirer cette fois de l’argent avec ma carte bleue.

Le lendemain après avoir déjeunée dans ma chambre, je suis partie prendre le bus qui va m’emmener à la gare. Le départ est prévu à14h00 et le voyage va durer 26h. J’ai passé tout le voyage à discuter avec un jeune médecin qui partait retrouver sa femme pour 3jours. Tous les 2, jeunes mariés travaillent dans une ville différente située à plus de 2jours de train. Elle, est fonctionnaire et donc ne peut choisir son lieu de travail. En chine, on demande trés rarement l’avis des intéréssés pour les mutations.

J’avais espérer faire des interviews dans le train mais toutes les femmes à qui nous avons demandé ont refusé alors je me suis contentée de discuter avec ce jeune homme. le temps a passé trés vite et nous voilà donc arrivé à Lanzhou, ville que j’ai toujours apprécié.

A Lanzhou j’ai également mes habitudes quand à mon lieu d’hébergement. Je retourne donc au Lanzhou Hôtel qui est un hôtel 4 étoiles avec un batiment réservé aux petits budgets. Nous sommes le 29 novembre et je ne vais rester à Lanzhou qu’1jour car je vais y revenir apres mon périple dans la province du Xinjiang.
Je pars acheter mon billet de train pour Urumqi et là encore, la gare est en
travaux, les salles d’attente sont sous des tentes de l’armée. Il fait trés froid mais le ciel est bleu.
L’avantage de repasser par la même ville, c’est que l’on peut déposer son bagage en bagagerie et voyager trés léger, pour une somme dérisoire 1frs.
Le voyage jusqu’à Urumqi va durer 24h en train.
Cette fois-ci je me suis offerte une couchette inférieure et je partage ma petite table avec un vieux chinois.
On est à peine parti que le chef du train vient me voir et demande à voir mon passeport mais comme il ne parle pas anglais et moi mon chinois est trés limité, je lui dit non et quelques minutes plus tard, il revient avec un homme qui parle anglais et finalement je comprends que le chef du train voulait seulement connaitre ma nationalité et il pensait que j’allais lui tendre mon passeport sans broncher mais pour moi, le passeport est sacré et seule la police peut le demander. On s’est tous les deux excusés de ce malentendu et il est parti en rigolant.

J’ai commencé à discuter avec l’homme qui m’avait aidé et il s’est avéré qu’il était professeur d’anglais et voyagait avec un groupe de professeurs partis en stage d’informatique à Lanzhou. Ils venaient tous de la province du Xinjiang et étaient désireux de parler avec moi.

Alors a commencé une discussion entre eux et moi avec lui au milieu pour traduire. C’était trés marrant car il leur a dit qu’ils ne devaient pas laisser passer l’occasion de parler avec une étrangère , que ca n’allait peut-être jamais se reproduire. Je me suis fait l’effet d’un orateur devant un parterre d’étudiants. On a parlé de tout, beaucoup de questions personnelles, des questions sur le système scolaire, de la mode à Paris. C’est là que j’ai rencontré le 1er ourghour, une des minorités de cette province. Il était professeur mais ne parlait que chinois et sa langue.

C’était trés intéressant. Ils m’ont accordé une pause pour boire du thé puis c’est reparti et cette fois-ci j’ai demandé à interviewer 2 femmes dont une qui parlait déjà anglais. C’était trés convivial.
Ca été un voyage éclair , les 24h sont passées trés trés vite.

Le lendemain, nous sommes arrivés à Urumqi et nous nous sommes quittés en s’échangeant nos adresses email.

 
début [ Posté par : djamila | 0 commentaire] Page 6
Carnet de route de Chine (5)   ( XIANGCHENG - LITANG - KANGDING / Chine le 13/05/2003)

Imprimer l'info  

C’est le petit matin et la neige continue de tomber. On m’avait prévenu que je risquai d’être refoulée à la gare car cette route a été fermé pendant longtemps aux étrangers . C’est la route qui mène aussi au Tibet sur une portion.

Mais apparemment , tout va bien on me donne mon ticket. Je porte une cagoule, un bonnet, un blouson avec une capuche rabattue et des lunettes, on me voit à peine là-dessous Je suis la dernière arrivée et donc mon siège se trouve tout au fond du minibus. Nous sommes à peu près une quinzaine dont 4 femmes avec moi. 2 tibétaines recouvertes de manteau de peau, une chinoise avec son mari et moi. Mon sac va voyager avec moi car le toit est déjà plein.
Nous voila donc partis pour une dizaine d’heure de route en direction de Xiangcheng.
Une des choses difficiles pour moi à supporter en Chine, c’est la cigarette.
Alors bien évidemment, on commence à fumer et moi je suis obligée d’ouvrir la fenêtre , il faut savoir qu’il doit faire entre -5 et -10 degrés et cela réveille. La 2ième phrase que j’ai apprise en chine c’est d’interdire de fumer, c’est trés pratique, tout le monde comprend. Je sais c’est trés intolérant mais se retrouver dans un minibus avec 10 personnes qui fument clopes sur clopes, c’est au dessus de mes forces.

Cette année, j’ai pu constater un changement dans les comportements au niveau de la cigarette, dans les trains on ne peut fumer dans les wagons, seulement en bout de voiture et la plupart des gens respectent cela sinon il suffit de leur demander et ils le font. Dans les bus, surtout dans les régions à minorités, il y a encore beaucoup a faire. C’est le dernier de leur souci, ce que je peux comprendre mais pas forcément accepter.
Le gouvernement a aussi fait une campagne anti-cigarette surtout pour les jeunes mais dans les campagnes, les mentalités changent trés lentement.

En tout cas, mes compagnons se sont un peu calmés avec la cigarette sauf un petit excité qui prend plaisir à me narguer. Je pensais qu’on allait s’arrêter pour manger mais on était en pleine montagne sur des routes enneigées avec nulle part où s’arrêter. Il ne me reste que quelques biscuits et la journée va être longue.
Les fenêtres du bus sont embuées et givrées ce qui fait que l’on ne voit pas grand chose. Mon camescope n’a pas tourné une seule fois, c’est impossible avec les fenêtres fermées. Et en plus je n’ai pas la tête à ça.
Ce fut trés long et trés fatiguant, j’ai commencé à avoir faim, mes voisins m’ont proposé quelques pommes. Puis il a fallu s’arrêter au bout de 5 ou 6 h car un camion était au milieu de la route en panne. On est restés 1h à attendre la fin des réparations, moi je sautais sur place, mes pieds étaient gelés mais il y avait du soleil. Mes compagnons se sont tous réunis autour du camion en question en donnant leur avis.
Finalement on est reparti et le voyage a continué jusqu’à ce que le bus commence à patiner sur la route et là j’ai vraiment eu peur. Moi je suis une fille de la ville, la montagne ce n’est pas mon truc et la neige encore moins.

Il a fallu descendre pour pousser le bus et puis lui mettre des semblants de chaine, qui n’ont tenu qu’une heure ou deux.
Je commencais à être fatiguée de cette route enneigée qui zigzaguait continuellement , je n’ai pas vraiment apprécié le paysage.
La nuit commencait à tomber et on n’était toujours pas arrivé, il faut dire qu’il n’y avait rien, seulement la montagne. Je n’aime pas arriver la nuit dans un nouveau lieu car je n’ai aucun sens de l’orientation et la nuit c’est encore pire.
Après 13h de bus, nous sommes arrivés à destination. Il faisait nuit noire, l’éléctricité ne fonctionnait pas, j’ai compris que ca marchait au générateur et qu’à partir d’une certaine heure, on l’arrêtait. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y avait pas de neige. C’était déjà ça.
Il ne restait que moi et le couple de chinois dans le bus. J’ai demandé au chinois s’il y avait un hôtel et lui, a demandé au chauffeur. En descendant du bus, il y avait un homme avec un panneau écrit HOSTEL. Il me faisait signe de le suivre, ce que j’ai fait. Il avait également sa lampe de poche. On entendait des grognements de chien qui n’avaient pas l’air d’être commodes. Je ne savais pas s’ils étaient attachés ou pas, alors à chaque fois je regardais autour de moi et le tibetain n’arrêtait pas de me dire : “ ok ok ok “.
Moi je n’étais pas ok, j’avais vraiment la trouille. Certains doivent se dire que c’est un peu exagéré d’avoir peur des chiens mais en Asie et surtout dans les régions tibétaines, les chiens sont sauvages, ce ne sont pas des animaux de compagnie et j’en ai déjà fait l’expérience.

Bref on est arrivé dans cet hôtel qui n’était pas trés loin de l’arrêt de bus. L’intérieur était magnifique comme dans les monastères tibétains, trés coloré, tout en bois. En fait j’ai cru que c’était un monastère. Pour atteindre
la pièce principale il fallait monter un escalier presque à la verticale, trés pratique surtout avec un sac à dos.
La pièce était immense avec avec une trentaine de matelas et duvet au sol
et un lit double.
Mais j’étais toute seule. En remplissant le registre d’arrivée, j’ai vu que 2 israéliens m’avaient précédés et étaient repartis ce matin pour ma prochaine destination.
J’étais affamée et je pensais pouvoir manger quelque chose mais je me trompais.
Mes hôtes ne parlaient pas anglais et encore moins chinois. Alors j’ai utilisé mes mains pour leur montrer que j’avais faim, mais ils n’arrêtaient pas de me sourir, ils m’ont apporté de l’eau chaude et je me suis contentée de boire du café que j’avais en sachet. Elle a voulu connaître mon âge et là encore, le language des mains a été utilisé. Quand il a fallu aller au toilette, ca été tout une aventure avec elle car il a fallu sortir et marcher dans le noir jusqu’à une petit cabane à l’odeur infecte. Mais j’ai préféré le grand air et elle aussi. C’est dans ces moments là, qu’on a envie d’être un mec. J ‘ai déjà eu l’occasion d’utiliser les trous dans le sol mais là c’était indescriptible. Je ne vais pas m’attarder sur ce sujet mais ça peut-être difficile à supporter.J’ai beaucoup d’anecdote sur ce sujet mais je vais les garder pour moi.

J’avais décidé de repartir dés le lendemain pour Litang, j’étais un peu déprimée. Après avoir confirmée avec mes hôtes l’heure de départ du bus, on est tous allés se coucher.
Le lendemain matin à 6h00, j’étais prête à partir, mais après une 1ère tentative pour rejoindre la station seule, je suis revenue à l’hôtel et j’ai du réveiller l’hôtelier pour qu’il m’y amène car les chiens étaient toujours aussi enragés et je ne savais pas par où aller. Il est donc venu avec moi et bien sur, tout était fermé car il etait encore tôt, sauf une petite gargotte où j’ai attendu.
Le bus devait partir à 6h30 mais on est partis à 11h00. Et pendant tout ce temps, tout le monde attendait debout. Finalement on nous a ouvert le bus et ca été la bousculade pour monter. C’était un vieux bus russe tout pourri. Quand il a fallu acheter mon billet, personne ne voulait me donner de ticket, le chauffeur me renvoyait à la gare qui elle, me renvoyait au chauffeur. Je leur ai dit d’aller se faire voir et j’ai donc voyagé gratuitement puisque personne n’a voulu prendre mon argent. Je n’ai toujours pas compris pourquoi. J’ai retrouvé une partie de mes compagnons de voyage de la veille et tout le monde me souriait , c’était assez sympa, comme si on était de vieux amis même celui qui m’avait cassé les pieds avec sa cigarette. Cette fois-ci j’avais un siège près du chauffeur et près de la sortie donc en plein courant d’air, idéal pour moi.
Je n’ai pas de souvenirs précis de ce parcours si ce n’est que le bus était bondé et qu’il a fallu s’arrêter plusieurs fois à cause de panne mais on est arrivé vers 18h00 à Litang. Il faisait encore jour.
Une canadienne que j’avais rencontré à Lijiang, m’avait parlé d’un hôtel trés sympa sur la route principale mais après avoir demander à plusieurs personnes qui ne me comprenaient pas et après avoir marchée pendant plus d’1/2 j’ai renoncé et je suis allée à l’hôtel, en face de la gare . Il faisait déjà nuit noire et j’ai du ressortir ma lampe de poche pour trouver un restaurant. J’étais trés décue car j’avais espéré rester quelques jours à Litang mais à la vue de l’hôtel, j’ai changé d’avis et décidé de repartir le lendemain pour Kangding. Le départ était prévu pour 6h30.

Maintenant que j’ai le dernier guide de la Chine, je viens de voir que l’hôtel en question n’est pas du tout sur la route principale et trés difficile à trouver. Ca m’a rassuré. Je n’étais pas si idiote que ça.
Dans cet hôtel, celui ou j’ai dormi ou plutôt essayé de dormir, il n’y avait pas d’eau ni de toilette, il fallait aller je ne sais pas où pour faire ces besoins. En fait on m’avait indiqué la gare mais en réalité c’était plutôt là où je voulais. Par contre l’eau chaude était disponible pour le thé.
Je n’ai quasiment pas dormi et à 5h30 j’étais prête à partir. Il a fallu que je dérange des gens pour ouvrir la porte d’entrée.
Un minibus venait de passer devant l’hôtel et j’ai couru pour l’arrêter, il allait à Kangding et me voilà repartie pour à peu près 7h de route.
Cette fois-ci j’étais assise près du chauffeur, ce qui était super. De plus j’avais tout loisir d’ouvrir la fenêtre pour filmer, le paysage était magnifique juste comme je me l’imaginai, enfin de l’animation avec des hommes et des animaux, des yaks marchant dans les plaines et des villages tibétains . Malheureusement ce plaisir n’a pas duré trés longtemps car la route qui paraissait sans problème, nous faisait nous envoyer en l’air, littéralement toutes les 5 minutes. Le chauffeur était vraiment un super conducteur mais j’ai du ranger ma caméra pour m’accrocher à mon siège.

Sur ce trajet nous avons fait plusieurs arrêts mais la principale pause déjeuner s’est faîte dans un grand village tibétain où
- “ oh!!! surprise, j’ai retrouvé mes anciens compagnons de route, leur nombre avait diminué mais plusieurs étaient là, me souriant et me montrant du doigt.
Puis nous avons continué notre route sans autre stop jusqu’à notre destination finale, Kangding. Ce fut mon voyage préféré.

 
début [ Posté par : djamila | 0 commentaire] Page 5
Carnet de route de Chine (4)   ( KUNMING - DALI - LIJIANG - ZHO / Chine le 29/04/2003)

Imprimer l'info  


KUNMING, capitale de la province du Yunnan, est aussi une de mes villes préférées. Les chinois la surnomment “ ville du printemps” car il y fait bon tout au long de l’année.
Je me dirige donc vers mon hôtel habituel ” le Camellia hotel “ qui est un hôtel de luxe avec un batiment réservé aux routards avec des dortoirs et des chambres doubles meilleur marché que le batiment principal.
En Chine, beaucoup d’hôtel de luxe ont un batiment réservé aux routards et à tous ceux qui ont un budget limité, c’est aussi valable pour les touristes chinois. Beaucoup de dortoir sont à 3lits ce qui est assez agréable.
Je décide de faire un tour de ville pour observer les différents changements apparus depuis mon 1er voyage et étrenner mon camescope en public.

Mon idée est de filmer la rue mais d’interviewer les femmes sur leur lieu de travail ou de résidence. Interviewer dans la rue est un peu dangeureux car cela crée tout de suite un attroupement qui peut-etre suspect pour la police. Et la derniere chose dont j’ai envie c’est de m’attirer les foudres de la police. En chine, on voit des uniformes verts partout mais sans vraiment savoir ce qu’ils représentent.

KUNMING est une ville moderne avec des grandes avenues qui délimitent le centre ville et commercial mais en même temps on peut retrouver des vieux quartiers avec des vieilles maisons et des vieux commerces,
peut-être pas pour longtemps car la chine s’est lancée dans une vaste opération de développement accéléré et dans leur soif de modernisation ils détruisent tout ce qui fait partie de leur patrimoine notamment architecturale et culturel.
Après plusieurs heures de déambulation, je décide de me diriger vers la gare en marchant sur l’avenue Beijing Lu, une grande artère trés commerçante où je pense pouvoir trouver d’éventuelles clientes pour mes interviews.
Evidemment la langue est déjà une barrière car mon chinois est tres limité mais je me dis que je vais tenter ma chance avec des jeunes filles plus aptes à parler anglais,
Après avoir essuyé des refus de pratiquement tout le monde, je trouve finalement une jeune vendeuse dans un magasin de vêtement de luxe mais son anglais est tres basique et l’interview se solde par un échec.

Mon enthousiasme en a pris un coup et je décide de quitter Kunming. A l’origine je voulais éviter les grandes villes car les mentalités y sont forcément plus ouvertes mais ne correspondent pas complètement aux chinoises.

Je réfléchis à l’éventualité d’embaucher un interprète. Le problème est de trouver quelqu’un qui parle correctement anglais et qui soit disponible plusieurs heures et pas forcément le weekend. Très souvent ce ne sont pas des professionnels mais des personnes qui désirent arrondir leur fin de mois et qui travaillent dans des entreprises étrangères ou des professeurs d’anglais ou même des étudiants. Cette année j’ai été abordé par plusieurs personnes qui voulaient pratiquer leur anglais dans la rue ou dans des cours appellés “ english corner”.Ils invitent quelques étrangers pour discuter avec des chinois qui eux paient pour participer et on vous invite à dîner. C’est trés sympathique, ca permet de rencontrer des chinois de toute sorte mais en même temps de classe moyenne puisque l’anglais fait partie de leur envie ce qui n’est pas donné à tout le monde. C’est trés à la mode à Kunming mais aussi dans d’autres villes. On vous aborde plus facilement si vous êtes seul.
Le tarif des interprètes varient , durant ce voyage j’ai payé de 0 frs à 50frs pour une 1/2 journée. Dans les grandes villes, Pekin ou Shanghai c’etait 300frs et là j’ai refusé, trop cher pour moi.
Après 2 jours à Kunming, je continue mon voyage vers Dali en bus. Il faut compter à peu pres 4 à 5h grâce à la nouvelle route entièrement goudronnée. Les paysages sont magnifiques. Dali est l’un des rendez-vous des routards en Chine. Dali est au coeur des minorités du Yunnan et c’est devenu un lieu trés à la mode, un peu trop à mon gout mais en hiver c’est trés supportable.Beaucoup de routards se reposent à Dali, étudient le chinois ou le Tai-Chi sorte d’art martial. On peut y loger confortablement, y manger “western food” et se connecter sans problème au reste du monde ce qui n’etait pas le cas il y a quelques années. C’est trés touristique mais en meme temps, il suffit de sortir de Dali pour se retrouver en pleine campagne et en pleine montagne. Dali est un pied à terre idéal pour découvrir la région notamment le lac avec les villages de minorités diverses et plein d’autres lieux et c’est bon marché.
Le paradis, quoi...

Les Bai sont la principale minorité à Dali. Les jours de marché sont les plus intéressants car plusieurs minorités viennent vendre leurs produits notamment au marché de Wase où l’on se rend par bateau. Les femmes sont majoritaires et elles portent leurs costumes traditionnels, ce qui permet de les reconnaitre. Je m’y suis donc rendu en bateau par l’intermédiaire d’une visite organisée par mon hôtel et j’ai regretté de ne pas avoir pris une interprète. Les minorités ont toutes leurs dialectes, difficilement compréhensible des chinois eux-mêmes. Alors moi, ce n’était même pas la peine d’y penser. J’ai quand meme filmer tout cette activité tres colorée.
A mon retour à mon hôtel, je décide d’aller visiter tous les restaurants pour trouver une jeune femme à interviewer et finalement je trouve Mme MA qui possède un restaurant et parle anglais et qui plus est, a envie de parler.
Son anglais est suffisant pour que je puisse la comprendre et qu’elle me comprenne.Elle est tres intéressante pour moi car divorcée et moitiée Bai moitiée Hui, c’est-à-dire musulmane. C’est comme cela qu’elle s’est présentée. Elle a 33 ans et vit seule avec son fils.
Les Huis sont une minorité religieuse en Chine, ce sont des chinois musulmans et le gouvernement les considèrent en tant que minorité éthnique.
Mais une chinoise divorcée. c’est rare surtout dans un village comme Dali.
Cette 1ère interview s’est trés bien passée et cela m’a rassurée pour la suite.
Je décide de continuer le voyage en direction de Lijiang, haut lieu touristique car elle figure au patrimoine de l’UNESCO depuis le tremblement de terre en 1996 qui a détruit une bonne partie de la ville et fait nombre de victimes. Lijiang est aussi le berceau de la culture Dongba des NAXIS , autre minorité du Yunnan.
La construction de l’aéroport a accéléré le développement touristique de la ville et c’est franchement devenu une horreur. Des hordes de touristes sont déversées sur la ville chaque jour entre 9h et 18h, principalement des touristes chinois venus de Hongkong et Guangzhou ( ex canton ). Le problème selon moi, c’est que c’est un tourisme de masse et la ville en elle-même est peu étendue donc on se sent tres vite entourée par ces groupes guidés par une personne portant un drapeau jaune. Ils sont marrant à voir mais j’ai du faire des pieds et des mains pour prendre des photos sans touristes, et on n’était qu’au mois de novembre alors vous pouvez imaginer en été. Mais il est encore possible de fuir cette agitation en sortant de la ville, les groupes ne s’aventurent jamais si loin.
Lijiang est une ville pavée avec des ruelles ou l’on peut se perdre facilement, la cadre est enchanteur surtout en début de matinée.

Je n’y ai dormi qu’une nuit car j’ai été horrifié de voir une profusion de commerce destiné aux seuls touristes. J’ai quand même réussi une interview d’une mère et de sa fille de 18 ans, elles étaient trés souriantes et sympathiques, Yangden, la jeune fille a été mon interprète pour sa mère. Son anglais m’a impressionné.
J’ai commencé à réfléchir sur un possible changement de sujet pour mon documentaire car trouver des célibataires de plus de 30 ans s’avérait plus difficile que je ne pensais et un portrait de femme me paraissait assez intéressant à faire en m’appuyant sur la diversité éthnique et sociale.

J’ai donc repris le bus pour aller à Zhongdian ( environ 4h de bus ) village tibétain toujours situé dans la province du Yunnan. On dit que Zhongdian marque le début du monde tibétain dans cette région. La principale ”attraction” en est un monastère. Je dois avouer que cette année je ne me suis pas du tout intéressée à ce “ qu’il fallait voir ou ne pas rater”, ce n’etait pas le but recherché. Moi je faisais plutot la chasse aux jeunes femmes désireuses d’être interviewer.

Franchement je n’ai pas vu grand chose de tibétain à Zhongdian si ce n’est que j’ai dormi au “ Tibet hotel “ qui était en rénovation, la rue principale était aussi en travaux.
Malgré tout, j’ai fait la connaissance dans ma chambre d’une jeune fille américaine qui étudiait le chinois et qui était de passage et je lui ai demandé si elle voulait bien me servir d’interprète. Elle etait ravie, de plus elle connaissait une tibétaine qui travaillait à l’hôtel . On a donc été la voir dans le bar de l’hôtel où elle était et qui était fermé. C’était vraiment la basse saison. On a donc passé 1h ou plus en interview, ca été long car elles avaient du mal à se comprendre et à la fin on s’est retrouvé à 5, un homme et une autre jeune fille s’étaient joints à nous, tous tibétains et là je me suis dit qu’il fallait que je mette un peu d’ordre dans ce brouhaha car au niveau de la prise de vue, c’était pas triste, on se passait le micro de main en main et j’avais du mal à suivre.

Mais ce sont des supers souvenirs pour moi et un casse-tête au niveau du montage.

La nuit commence à tomber et ainsi que la neige et je me prépare à une courte nuit car le lendemain je dois prendre le bus à 6h30 pour me rendre à Xiangcheng situé sur la fameuse SICHUAN-TIBET-HIGHWAY....

 
début [ Posté par : djamila | 2 commentaires] Page 4


accueil | contact | labaraka.net dans mes favoris
Réalisation graphique et technique par Elodie Ressouches et Louis Clerc.
Copyright © 2001-2008 labaraka.net, tous droits réservés.