Carnet d'Asie Centrale

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Luna Park   ( Tabriz / Iran le 26/09/2001)

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En peripherie de Tabriz, il y a les “Champs Elysees” locaux et un grand parc d’attractions. Nous y sommes alles de nuit, un mardi soir. Il y avait tres peu de monde : notre petite bande de jeunes filles iraniennes et de touristes faisait probablement le plus de bruit. Nous avons essaye le Train Fantome : un type tout seul deguise en creature mi Frankestein, mi Yeti et mi le grand guignol avec son crochet dans “Souviens-toi l’ete dernier” (pas la peine de voir ce film pour autant), ce type tout seul donc courait partout en poussant des cris et en tapant comme un sourd sur la voiturette. Ce doit etre un vrai pro de l’epouvante parce que meme en courant partout, en poussant des cris et en tapant comme un sourd sur la voiturette tout a la fois et dans le noir et avec un masque sur la figure, il ne s’est pas pris les pieds dans les rails.

début [ Posté par : Labaraka | 0 commentaire] Page 1
La montagne, ca les gagne !!   ( Tabriz / Iran le 27/09/2001)

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Lois islamiques etant ce qu’elles sont, les Tabrizi de tout age sont bien contents d’avoir un endroit ou la police ne met pas les yeux – du moins pas en uniforme. Les jeunes gens y donnent rendez-vous aux jeunes filles, la biere et autres liquides interdits par le Prophete y coulent plus que partout ailleurs dans la ville, on y discute probablement aves moins de retenue que dans les teahouses (le rendez-vous des hommes) des affaires politiques et religieuses (et du sexe !).



Nous y sommes montes un vendredi matin, des 7 heures et le ventre vide (!) avec Said, rencontre la veille au soir, et son petit frere. Le vendredi est en Iran notre dimanche : de nombreuses equipees, hommes et femmes confondus, grimpaient le long des sentiers de terre rouge. Une fois la-haut, au-dessus de la ville, nous avons pris le petit-dejeuner typique (pain et fromage frais) arrose de the. Tout pres de la buvette, une mosquee renferme la tombe du Soldat Inconnu de la guerre Iran / Irak.

Ce vendredi la etait jour de commemoration : des centaines de personnes se pressaient autour du batiment et le long de la route, ou sont passes plusieurs corteges. Ces corteges n’avaient rien a voir avec avec nos defiles d’officiels francais le 11 novembre ; une foule tendue, des jeeps surcharges d’hommes en tenue guerriere et lunettes sombres, des mollah qui psalmodiaient sans treve et leur voix grossie par le haut-parleur repercutee sur toutes les surfaces. Des cercueils recouverts d’un drapeau passaient, portes par une multitude d’epaules et de mains, accompagnes de clameurs et de cris. On aurait cru assister a l’enterrement de martyrs palestiniens du Hezbollah. Ca faisait froid dans le dos.


début [ Posté par : Labaraka | 1 commentaire] Page 2
La querelle des Anciens et des Modernes   ( Tabriz / Iran le 30/09/2001)

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Elles sont jeunes, elles sont jolies, elles parlent anglais comme la-bas, elles ont une adresse e-mail, elles sont Iraniennes.

Elle sont aussi des exceptions dans une peuple de femmes en tchador, couvertes de noir de la tete aux pieds. La Republique Islamique d'Iran a des lois auxquelles il ne faut pas deroger : les demoiselles qui portent le foulard un peu trop en arriere se font reprimandees par la police - qui intervient aussi lorsqu'un groupe de garcons s'emballe un peu et adresse la parole a des filles.

Il y a pourtant du changement nous ont-elles dit. Depuis deux ans, les femmes peuvent se permettre de petites libertes vestimentaires : des sandales sans chaussettes, les cheveux un peu decouverts, de la couleur, et meme, a Teheran, des pantacourts.



Mais pour les jeunes filles en photo et d'autres, rencontrees a Tabriz, cela reste tres insuffisant. Certaines decident de se travestir en garcon (pour travailler, pour faire du rollerblade...) d'autres d'emigrer, purement et simplement. L'hemorragie aura-t-elle lieu ?

début [ Posté par : Elodie | 2 commentaires] Page 3
Tabriziens   ( Tabriz / Iran le 01/10/2001)

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Difficile de mettre en ligne nos articles d'ici, les cafes Internet etant plutot chers et peu nombreux a Tabriz.

Nous posons donc des jalons a l'aide de quelques photos, en vous promettant de mettre en ligne les textes des que possible (sans doute en Ouzbekistan, d'ici quelques jours).

En prime pour vous faire attendre, une petite video d'une boulangerie iranienne.

Voici du neuf !
L'Iran est un pays etonnant, tres different de l'image qu'en donnent les media occidentaux.
En ce qui concerne la religion, pour commencer. Les mosquees a Tabriz sont beaucoup plus discretes qu'en Turquie, et le muezzin est plus timide, voir aphone... Le foulard obligatoire et la separation des hommes et des femmes sont les seuls marques fortes que nous ressentons dans la vie de tout les jours. Finalement, cela ressemble plus a un code rigide de "bonnes moeurs" qu'a de veritables preceptes religieux. Bon d'accord, c'est un peu discutable...
Nous finissons par comprendre que nombre d'Iraniens (en tout cas ceux que nous avons rencontre) ne portent pas la politique ni les politiciens dans leur coeur. Or, en republique islamique d'Iran, religion et politique sont indissociables. En politisant la religion, les imams ont peut-etre, sans s'en rendre compte, pousse une bonne partie de la population a rejeter la pratique de l'Islam.
En tout cas, d'apres Jallil et Said, jeunes intellectuels Tabriziens, on pourrait jouer au foot dans les mosquees tellement elles sont vides !!

début [ Posté par : Labaraka | : Boulanger | 0 commentaire] Page 4
Marchands de kilim   ( Tabriz / Iran le 01/10/2001)

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Qui dit bazaar dit tapis et qui dit tapis dit marchands de tapis. On craignait un peu, apres Istambul, de se faire sauter dessus par des tas de businessmen et de se faire agiter sous le nez des carpettes synthetiques, mais a Tabriz, on ne vend pas les tapis comme ca.



Le monsieur en photo est Azeri, comme l'indique son chapeau (c'est un chapeau azeri, de la province iranienne d'Azerbaidjan), et c'est aussi le pere du proprietaire de la boutique. Celui-ci nous a explique que les tapis sont faits par les hommes, tandis que les femmes creent des kilims. La difference est dans la technique (les kilims sont plus souples) et dans le rendu (le tapis est plus ou moins biface).

Nous avons egalement appris que les Iraniens n'investissent pas dans l'or, le batiment ou la Bourse, mais dans... le tapis (bravo a ceux qui suivent). En effet un bon tapis est un tapis ancien. Ceux de sa boutique comtent d'une vingtaine a une quarantaine d'annees, pour un prix qui coulerait les Habitat, les Saint Maclou et autre Ikea, tous autant qu'ils sont.



Vous allez rigoler, mais on a failli en acheter un.



--- Soyons serieux ---

Les prix de ceux que nous avons vu vont de 200 a 600 francs, pour une taille et une qualite qui reste pantois.

Si vous voulez un beau tapis qui ne fasse pas des pluches apres que le chien ait dormi dessus trois nuits, il faut aller le chercher en Iran.


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