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Premier contact
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Guadalajara / Mexique
le 21/06/2002)
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A Guadalajara, nous faisons connaissance avec la ville mexicaine normale, ni oasis poussiereuse du nord et ni bonbonniere ethnique du sud.
Dans la rue
La pollution des moteurs vous prend le nez jusqu'au milieu des parcs, les demarrages des bus rendraient asthmatique un Zizou, les trottoirs entrent en ebullition des le lever du soleil a force de chaleur, de passants et de vendeurs, et les routes, ou quelques herbes peuplent les interstices du goudron, ne choment pas non plus.
Les bus
Les rois de la chaussee sont les bus. Deglingues, bringuebalants, on leur voit des bouts du moteur par les plaques manquantes. Il n'y en a pas deux pareils : grandes carcasses en alu, mini vans, transporteurs de troupe, quelques specimens recents. Les parbrises annoncent les principaux arrets, affiches ou peints sur le verre. Plus midinettes que des miss, les chauffeurs rivalisent sur la deco a coups de neons, paillettes, couleurs fluo et pendentifs kitsch. Le must-have de la saison est un CD reconverti en icone pop : une Vierge Marie en hologramme sur la face A, un Jesus et sa croix en relief sur la face B, des roses en plastique tout autour et une cordelette de perles irisees pour parfaire le tout.
Sous les bombes
Guadalajara est la seconde ville du pays, et selon les brochures touristiques "la perle du Mexique occidental". Le Centro historico est compose d'une dizaine de batiments massifs, groupes autour d'une longue Plaza. La plupart datent du XIXe siecle sinon de 1950... Du "neo-classique" au "moderne retro", les styles coexistent assez etrangement, on s'y perd un peu.
A la nuit tombee, personne ne s'attarde tres longtemps a deambuler sous les arcades malgre les affiches municipales (50% d'incarcerations en plus pour l'annee 2001 !). Meme debarassee de ses brutes et de ses truands, Guadalajara n'est pas une ville tres engageante ; on la croirait a peine sortie d'une guerre civile ou d'un etat de siege. Comme les bus, elle est un peu deglinguee. Les fontaines ne marchent pas, les bassins tournent au bouillon de culture, et le soir de gros spots blancs eclairent crument les rues.
Il est beau mon pecado
La grande halle du marche de la Libertad est juste a cote de notre hotel. En bas, c'est l'alimentaire, a mi-hauteur, on y dejeune et petit-dejeune, en haut il y a des vetements, chaussures, disques... La cantine fonctionne a plein regime jusqu'au milieu de l'apres-midi. Des cuisinieres, souvent la mere et les filles, tronent dans leur "fonda". Quatre murets entoures de tabourets font office de table pour les clients. Au milieu, quatre metres carres a peine, c'est la cuisine. Marmites en serie, casseroles en equilibre, piles d'assiettes, colonnes de verres, bouquets d'herbes, sacs de carottes, paquets de tortillas etc. plus trois tornades qui touillent par-ici, versent par-la, lavent ailleurs, prennent la commande par-dessus les plats, interpellent les voisines pour avoir de la monnaie... Ces "cocinas economicas" sont des prodiges d'installation : il y en a partout, ca tient comme ca peut et pourtant rien ne tombe. De temps en temps, des mariachis passent dans les allees et jouent des airs lents.
L'ex orphelinat
Vingt-trois patios dans ce vaste batiment en gruyere. On y trouve la fraicheur et la tranquillite dont manque le reste de la ville. D'un bout a l'autre, c'est un dedale de portes, de couloirs et de salles aujourd'hui consacrees a des expositions d'artistes. Les cours encadrees d'arcades sont pour les unes des jardins zen de pierres ratissees, pour les autres des carres plantes de massifs et d'arbustes autour d'une fontaine (et la elle fonctionne !).
Au coeur de cette tranquillite, la fresque peinte sous la coupole detonne. Un homme en feu, des personnages mi-robots mi-cadavres, des guerriers, des ecrous (?), c'est a la fois morbide et industriel, comme si le peintre officiel d'un Parti communiste avait pris sa carte dans une secte de l'Apocalypse.
Bref, Guadalajara, on ne s'y arrete pas pour son charme infini - c'est probablement pour cette raison qu'en deux jours et demie nous avons croise en tout et pour tout quatre touristes. Mais c'est justement la son interet : tout n'est pas formate pour le visiteur, contrairement au sud, ou des reseaux touristiques limitent aux seances de marchandage les contacts avec la population. |
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