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L'article et ses commentaires
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Calamity Lili
(
Sofia / Bulgarie
le 11/09/2001)
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Apres une trentaine d'heures de car, nos petites jambes ankylosees sont plus que ravies de fouler enfin le trottoir bulgare. Le car s'est arrete a deux pas de la "Gare Centrale de Sofia" (en francais sur la facade), non loin du centre-ville. Une nuee de taxis s'abat illico sur les passagers qui les repoussent d'un geste de la main, bien trop occupes a retrouver leurs bagages dans la pagaille des soutes. Les familles se retrouvent, melent les larmes et les bisous, enfournent les sacs dans le coffre de la voiture et rentrent a la maison. Snif, pour nous cette arrivee est un depart, et seuls les taxis et les proprietaires d'hotels nous ouvrent grands les bras.
Sur le trottoir de Sofia, nous prenons conscience que c'est parti, que nous sommes partis, que l'aventure commence...
Et en fait d'aventures, ca commence tres fort ! Lili, une de nos voisines du car, deboule tout a coup en se tordant les mains et en roulant des yeux. Elle nous met sous le nez son sac a main beant et vide et annonce tragiquememt : "Vous voyez !".
Il faut dire que depuis Paris, Lili nous met en garde contre ses compatriotes, qui d'apres elle ne sont qu'un ramassis d'escrocs, de voleurs et de profiteurs. Elle-meme d'ailleurs ne vit plus en Bulgarie depuis une dizaine d'annees. Elle s'est installee a Paris et travaille pour un restaurant russe des Champs Elysees, ou elle chante pour les clients.
Cette fois-ci c'est un aller simple pour Sofia qu'elle avait pris, et ramenenait toutes ses economies, en liquide. A la frontiere yougoslave, lorsque le chauffeur passe relever les sommes en cash transportees par chaque passager (declaration obligatoire), elle recompte avec flegme des liasses de billets de 200 francs. Louis, qui avait une vue plongeante sur le magot, estime que le pactole compte cinq zeros.
Il y avait donc de quoi rouler des yeux, se tordre les mains et annoncer d'une voix tragique "Vous voyez !"... Quand elle ouvert son sac a main pour y prendre le ticket de la valise, tout y etait, et l'instant d'apres, plus rien ! La catastrophe pour Lili, qui maudit aussi sec le pays et tout ce qu'il compte...
Nous, desoles pour elle et un peu refroidis par ces premieres minutes, verifions fermetures eclair et clips de nos sacs a dos, sait-on jamais, des fois que. Le choeur unanime des sites persos, du Guide du Routard et meme des Bulgares du bus serait donc dans le vrai ? Le vol a la tire serait sport national ? On en etait a regretter de ne pas avoir acheter plus de cadenas quand pour la seconde fois Lili a leve les bras au ciel et roule des yeux.
Elle etait tout sourire dans les bras du chauffeur, qui pour meriter tant d'adoration subite n'avait eu qu'a se pencher et ramasser entre deux valises le contenu du sac a main... |
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