13
samedi
19h

Arrêt dîner dans un bled réduit au parking de l'hôtel-restaurant. Des champs se pressent de l'autre côté de la route. Les quelques maisons à proximité forment à peine un hameau. Il n'y a personne dehors. On ne verra personne sinon les deux serveuses du resto. De temps à autre, un chien aboit et une voiture passe en pleins phares sur la départementale. Voilà tout. Après la musique "pimba" du chauffeur et la rumeur constante du moteur, c'est agréable.
Je rôde autour de l'hôtel et louche à travers les fenêtres du restaurant. Mes voisins de bus, le nez dans l'assiette, mangent rapidement. Les tables sont longues, couvertes d'une toile cirée très "comme à la maison". Le buffet propose des gamelles aux fortunes diverses : la salade de pommes de terre a été éclusée tandis que les bulots emplissent encore la bassine en métal.

J'hésite à entrer dans la salle... Absurde ! La bizarrerie de la situation m'apparaît tout à coup. Ces arrêts au milieu de nulle part, en des lieux qui semblent coupés de tout, ces pauses sur une route que les cartes nationales ne mentionnent pas, combien de fois nous les avons vécues, lors du tour du monde ? Ces haltes par nuit noire, où l'on descend du car, hagard, sans aucune idée de l'heure ni du lieu, dans des oasis d'agitation surréalistes, ou bien ces pauses à l'arrière d'un café isolé, aussi achalandé qu'une station-service et pourtant perdu dans des kilomètres carrés d'aridité stérile... Mais là je vous parle de lieux où la langue est autre et les repères inexistants, alors que ce samedi 13 septembre, j'étais devant l'Hôtel des Deux-Charentes, qui après enquête sur le net est situé au 1 route de Montendre, 17210 Montlieu La Garde ! En voilà du repère !